Marcel Gromaire

(1892-1971), peintre français


l'hélice, 1937 huile sur toile 61 x 50 cm

À propos de l'artiste

Marcel Gromaire naît le 24 juillet 1892 à Noyelles-sur-Sambre (Nord) et meurt le 11 avril 1971 à Paris. Après des études à Douai puis à Paris, où son père enseigne au lycée Buffon, il s’oriente d’abord vers le droit avant de se consacrer pleinement à la peinture dès 1910, fréquentant les ateliers de Montparnasse.


Mobilisé pendant la Première Guerre mondiale, il passe six années sous les drapeaux et est blessé en 1916 dans la Somme. Cette expérience marque durablement sa vision et nourrira certaines de ses compositions majeures. De retour à Paris, il installe son atelier rue Delambre puis Villa Seurat et participe dès 1925 au Salon d’Automne et au Salon des Indépendants.


Dans l’entre-deux-guerres, Gromaire affirme une position singulière au sein de l’École de Paris. Indépendant des avant-gardes constituées, il assimile certains acquis du cubisme tout en développant un langage personnel fondé sur une construction rigoureuse des volumes et une monumentalité affirmée des figures. Ses thèmes — ouvriers, nus, portraits, paysages urbains — traduisent une vision structurée et humaniste de la modernité.


Sa reconnaissance internationale s’affirme précocement : exposition à New York dès 1931 à la galerie Pierre Matisse, rétrospective à la Kunsthalle de Bâle en 1933. À l’occasion de l’Exposition internationale de 1937, il reçoit plusieurs commandes publiques majeures. Pour le Palais de la Découverte, il réalise quatre panneaux monumentaux installés autour de l’escalier Nord : La Vis d’Archimède, Le Foret à feu, Le Gouvernail et L’Hélice. Consacrées à des principes mécaniques et scientifiques, ces compositions illustrent la volonté d’associer art et pédagogie dans le cadre institutionnel de l’époque. Il en élabore également les études préparatoires, révélant la rigueur de son processus de conception. La même année, il exécute La Céramique pour le pavillon de Sèvres et L’Épargne pour le pavillon de la Solidarité nationale.


Il obtient en 1938 une commande pour la Faculté de pharmacie de Paris, puis réalise en 1950 L’Abolition de l’esclavage pour l’Assemblée de l’Union française, œuvre aujourd’hui conservée au musée La Piscine à Roubaix. Ces ensembles décoratifs confirment sa place dans la politique artistique de l’État au XXe siècle.


Durant la Seconde Guerre mondiale, réfugié à Aubusson (1939-1944), il participe activement au renouveau de la tapisserie française aux côtés de Jean Lurçat et réalise notamment les cartons des Quatre Éléments et des Quatre Saisons.


Après-guerre, il expose régulièrement à la galerie Louis Carré (1947-1956). Nommé professeur à l’École nationale supérieure des arts décoratifs en 1950, il y enseigne jusqu’en 1962. Son œuvre est distinguée par le prix Carnegie (1952), le prix Guggenheim national (1956) et le Grand Prix national des arts (1958). Il est nommé commandeur de la Légion d’honneur en 1954.


Plus de sept cents toiles composent aujourd’hui son œuvre. Une rétrospective lui est consacrée au Musée national d’art moderne en 1963, puis au Musée d’art moderne de la Ville de Paris en 1980. Par la puissance architecturée de ses formes, la densité de sa palette et son sens du monumental, Marcel Gromaire occupe une place singulière dans la peinture française du XXe siècle, à distance des effets de mode et des classifications strictes.



Liste des oeuvres